Sur 10 visiteurs qui ajoutent un produit au panier, 7 s'en vont sans payer. La bonne nouvelle, c'est que ces départs ne sont pas un mystère : les causes ont été mesurées, classées par importance, et vous pouvez les corriger une à une, dans l'ordre.

70 % de paniers abandonnés : ce que disent vraiment les chiffres
Le chiffre de référence vient de la méta-analyse du Baymard Institute (un cabinet de recherche spécialisé dans l'expérience d'achat en ligne) : 70,22 % d'abandon moyen, calculé sur 50 études indépendantes (mise à jour septembre 2025). Sur mobile, c'est pire : 85,65 % selon Barilliance, contre 68 à 73 % sur ordinateur. Votre tunnel de paiement mobile mérite donc un examen à part, pas seulement une mise en page qui s'adapte à l'écran.
Soyons lucides avant d'optimiser quoi que ce soit : 43 % des abandonneurs disent qu'ils ne faisaient que regarder, sans intention d'acheter (enquête Baymard 2025, 1 026 répondants). Ces visiteurs-là, vous ne les rattraperez jamais, et c'est normal. Votre argent se joue sur le reste, les gens qui voulaient vraiment acheter mais qu'une friction (un obstacle, un frein dans le parcours d'achat) a fait fuir.
Et ce gisement est énorme : Baymard le chiffre à 260 milliards de dollars de commandes récupérables aux États-Unis et en Europe, soit une hausse de conversion (la part de visiteurs qui achètent) possible de 35 % par le seul design du checkout.
La hiérarchie des causes : corrigez dans l'ordre du poids
L'enquête Baymard 2025 classe les raisons d'abandon, et l'écart entre la première et les suivantes saute aux yeux : frais supplémentaires trop élevés 39 %, livraison trop lente 21 %, manque de confiance pour saisir sa carte 19 %, création de compte imposée 19 %, parcours de paiement trop long 18 %, politique de retour décevante 15 %, erreurs du site 15 %, coût total qu'on ne voit pas venir 14 %, choix de paiement trop limité 10 %.
Soyons transparents : les chiffres les plus repris sur le web viennent de l'enquête 2024 (frais 48 %, compte 26 %). L'édition 2025 fait baisser les niveaux en valeur absolue, mais l'ordre des causes ne bouge pas. Ce qui compte, c'est ce classement, pas la virgule près : les frais surprise écrasent tout le reste, environ le double de n'importe quelle autre cause.
La conséquence est concrète. Si vous passez une semaine à peaufiner vos badges de réassurance (les logos et garanties censés rassurer) alors que vos frais de port n'apparaissent qu'à l'étape 3, vous bricolez une cause à 19 % en laissant filer celle à 39 %. Attaquez les causes dans l'ordre de leur poids, jamais dans l'ordre de ce qui est le plus simple à régler.
1. Le checkout (prévention) 100 paniers entrent, fuites mesurées par cause
- Frais surprise : 39 %
- Livraison trop lente : 21 %
- Confiance carte : 19 %
- Compte obligatoire : 19 %
- Checkout trop long : 18 %
- Plus 43 % de simples curieux : irrécupérables
2. Les flows (récupération) Email, SMS et retargeting réinjectent une partie des paniers
- Email 1 : rappel simple, 2-4 h
- Email 2 : objections + preuve, 24 h
- Email 3 : dernier rappel (± code), 48 h
- SMS en doublon sur la fenêtre chaude
- Retargeting 3-7 jours, produit exact
Le checkout réduit les fuites, les flows recyclent le reste. Les deux chantiers sont cumulatifs.

Prévention : les corrections cause par cause
Frais surprise (39 %) : montrez le coût total le plus tôt possible, jamais à la dernière étape. Affichez un estimateur de livraison dès la page panier, intégrez les taxes dans le prix quand votre marché l'autorise, et fixez votre seuil de livraison gratuite (le montant à atteindre pour ne plus payer le port) 20 à 30 % au-dessus de votre panier moyen. On détaille comment calculer ce seuil sans rogner votre marge dans le seuil de livraison gratuite rentable.
Création de compte imposée (19 %) : la commande sans compte (le checkout invité, qui laisse payer sans s'inscrire) doit être l'option proposée par défaut, pas une petite ligne grise qu'on cherche. Offrez la création de compte après le paiement, quand le client n'a plus rien à perdre. Confiance (19 %) : placez les logos de paiement juste à côté du champ carte, et rendez la politique de retour visible à l'intérieur même du tunnel.
Parcours trop long (18 %) : Baymard mesure en moyenne 23 champs de formulaire par checkout, alors que l'idéal tient en 12 à 14. Supprimez chaque champ qui ne sert ni à livrer ni à encaisser. Quand le tunnel demande une vraie refonte, vous pouvez faire reconstruire votre checkout pour qu'il convertisse plutôt que de bricoler case par case. On passe ces champs en revue un par un dans les champs de checkout qui font fuir. Paiements (10 %) : PayPal, Apple Pay et Google Pay couvrent l'essentiel et raccourcissent le paiement sur mobile, là où l'abandon culmine à 85 %.
Avant de toucher à votre checkout, sachez à partir de quel niveau de marge vos efforts deviennent rentables : notre calculateur de ROAS et de rentabilité vous donne votre point d'équilibre (le seuil à partir duquel une vente cesse de vous coûter de l'argent) en quelques secondes.
Pour les réglages côté admin Shopify (Shop Pay, comptes clients, taxes), on les a détaillés écran par écran dans les 7 réglages qui freinent votre conversion.

Récupération : la séquence qui ramène les paniers
Le checkout parfait n'existe pas, alors il vous faut un filet. Le flow email de panier abandonné (la suite d'emails déclenchés automatiquement après un panier laissé en plan) est le plus rentable de tous les flows mesurés par Klaviyo : 50,5 % d'ouverture, 6,25 % de clic, 3,33 % de conversion et 3,65 $ de revenu par destinataire, le top 10 % des marques montant à 28,89 $ (analyse portant sur plus de 143 000 flows envoyés en 2023, dernier benchmark de flows publié par Klaviyo à date de juin 2026).
La séquence type tient en 3 emails. Email 1 entre 2 et 4 heures : un rappel simple, avec la photo du produit et un lien direct vers le panier, sans aucune remise. Tout se joue ici sur l'objet, ce que le destinataire lit avant d'ouvrir : on creuse ce qui fait ouvrir un email dans l'objet d'email qui fait ouvrir en 2026. Email 2 à 24 heures : vous levez les objections (livraison, retours) et vous ajoutez une preuve sociale, c'est-à-dire des avis ou des témoignages. Email 3 à 48 heures : un dernier rappel, avec un code de réduction éventuel réservé à ce moment précis, jamais avant. Sinon vous apprenez à vos clients à abandonner exprès pour décrocher le code.
Le SMS vient doubler l'email sur la fenêtre chaude des premières heures. Et le retargeting (les pubs qui reciblent un visiteur déjà venu sur votre site) sur Meta et Google ferme la boucle pour ceux dont vous n'avez pas l'email : vous ciblez l'audience qui a rempli un panier sans acheter, sur une fenêtre courte de 3 à 7 jours, avec une publicité montrant le produit exact abandonné. On regarde si ce levier tient encore la route dans le retargeting est-il mort en 2026. Pour prioriser qui mérite vraiment une relance, la segmentation prédictive dans Klaviyo aide à repérer les paniers les plus susceptibles de se transformer en commande.
Divergences signalées : les pourcentages de causes retenus ici sont ceux de l'enquête Baymard 2025 ; les chiffres de l'édition 2024 (frais 48 %, compte 26 %) restent souvent cités sur le web, avec la même hiérarchie des causes.